« Les Chèvres du Pentagone» : quand l’armée américaine s’essaie au paranormal

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PARIS, 5 mars 2010 (AFP) – 05/03/2010 06h35 – Développer des pouvoirs paranormaux pour battre les ennemis des USA: cet authentique projet des militaires américains sert de fil conducteur aux « Chèvres du Pentagone» , un road-movie déjanté qui suit un journaliste en Irak à la rencontre d’officiers d’unités très spéciales.
Produit par George Clooney qui tient un des rôles principaux, le film (sur les écrans français le 10 mars) est basé sur des faits réels révélés par le journaliste Jon Ronson: convaincus que les Soviétiques conduisaient des recherches dans ces domaines, la CIA et l’armée américaine ont lancé pendant la guerre froide des programmes pour comprendre la perception extra-sensorielle et la télépathie.
But de l’opération: vaincre l’ennemi par la seule force de l’esprit. « Certains ont même essayé de tuer des chèvres rien qu’en les regardant» , assure Jon Ronson, d’où le titre de son livre « The men who stare at goats» , qui est aussi celui du film aux Etats-Unis.
En mal de reconnaissance après une série de déceptions personnelles, Bob Wilton, joué par Ewan Mc Gregor (héros du dernier Roman Polanski « The ghost writer» ), part en reportage en Irak. Il rencontre un militaire en mission secrète (Clooney, alias Lynn Cassady) qui recherche un officier commandant un groupe ultra-confidentiel pendant la guerre froide, Bill Django (incarné par Jeff Bridges), ainsi qu’un rénégat de cette unité (Kevin Spacey).
Pendant la période hippie, Django est allé beaucoup plus loin que ses collègues: après avoir touché à presque toutes les techniques New Age, testé diverses substances psychotropes et s’être essayé au bouddhisme, il est l’auteur d’un manuel sur l’art de faire la guerre… pacifiquement. Il a même fondé la New Earth Army, censée convaincre les ennemis de l’Amérique de déposer les armes avant qu’elle leur tire dessus.
Là encore, la réalité dépasse la fiction: Django est inspiré du major général Albert Stubblebine III, qui dirigea le commandement pour la sécurité et le renseignement de l’Armée (INSCOM) de 1981 à 84, et ne cessa de tenter d’acquérir des pouvoirs surnaturels et de financer des recherches sur ces sujets. Quant à la New Earth Army, elle s’appelait le « First Earth Battalion» .
Face à un matériau aussi délirant, le film semble hésiter entre comédie burlesque et dénonciation des dérives soldatesques. Grant Heslov, dont c’est le première réalisation (il a produit « Good night and good luck»  avec Clooney), multiplie les flash back sur les expériences des années 70, prétextes à de multiples scènes loufoques. Django, cheveux longs nattés, donnant un cours accéléré de « peace and love»  à des galonnés fleur en main, ou un officier, crâne rasé et moustache guerrière, qui s’assomme en tentant de passer à travers le mur de son bureau après un intense exercice de concentration.
L’Irak n’est ici qu’une imperceptible toile de fond : des errances dans le désert, une bataille rangée entre deux sociétés de sécurité privées américaines, un « bon»  Irakien qui héberge Cassady et Wilton poursuivis par des terroristes.
La fin du film est un hymne au « flower power» : après avoir trouvé la base secrète où Kevin Spacey forme des « guerriers-Jedi»  (appellation utilisée par les militaires américains), Bridges et Clooney s’emparent des lieux sans dégats et libèrent les prisonniers irakiens, les recrues sous influence et les chèvres.

le dalaï lama en chine

Des représentants du dalaï lama vont se rendre en Chine mardi pour relancer des discussions avec Pékin après une interruption de quinze mois sur la question de l’autonomie du Tibet, a-t-on appris lundi auprès du bureau du chef spirituel des Tibétains.

« Nous rencontrons les Chinois et ceci est une démarche importante pour essayer de trouver une solution acceptée mutuellement» , a déclaré le porte-parole du dalaï lama, Tenzin Takhla.

« L’ordre du jour de sa sainteté est le même: faire en sorte que le problème soit résolu uniquement à travers le dialogue» , a-t-il ajouté.

Selon ce porte-parole, le lieu où doivent se tenir les discussions n’a pas encore été confirmé mais les représentants du chef spirituel des Tibétains devraient rester en Chine jusque début février, a-t-il précisé.
Les deux envoyés, Lodi G. Gyari et Kelsang Gyaltsen, tiendront à cette occasion leur neuvième cycle de discussions après un processus de dialogue amorcé avec Pékin en 2002 sur la région himalayenne du Tibet.

Le dalaï lama, 75 ans, vit en exil à Dharamsala, dans le nord de Inde, depuis qu’il a fui le Tibet après l’échec d’un soulèvement antichinois à Lhassa en 1959.

Après les derniers échanges en novembre 2008, la Chine avait déclaré que la porte restait ouverte pour de futures discussions mais que demeuraient de « sérieuses divergences» , réaffirmant qu’elle ne transigerait pas sur le statut du Tibet, qu’elle considère comme faisant partie intégrante de la Chine.
En mars 2009, la Chine s’était de nouveau déclarée ouverte à de nouvelles discussions avec le dalaï lama, lui réitérant toutefois sa demande de renoncer à ses activités « séparatistes» , ce dont le lauréat du prix Nobel de la paix (1989) se défend.

Cet automne, le dalaï lama avait déclaré, par la voix de son porte-parole, être lui aussi ouvert à une reprise des discussions avec la Chine, comme l’avait précédemment suggéré le président américain Barack Obama à son homologue chinois Hu Jintao.

La Chine, qui n’a pas encore confirmé la tenue de nouvelles discussions, règne sur le Tibet depuis 1951, date de la « libération»  de la région himalayenne par l’Armée populaire.

Le dalaï lama affirme depuis de nombreuses années avoir opté pour une diplomatie dite de la « voie moyenne» , consistant à réclamer une large « autonomie culturelle»  pour cette région.

 

Mardi 26 Janvier 2010
source afp